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Actualités de l'Association Laurence Fritz

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Statistiques et vérité

Les chiffres et les statistiques : un problème complexe et embarrassant.

 

                                   Mensonges par omissions ?

 

Pour sensibliser les Français, le Ministère des transports, La sécurité routière et les institutionnels en général communiquent sur les chiffres des tués et blessés sur les routes, collectés par les observatoires régionaux et passés à la moulinette par l’ONISR : l’Observatoire interministériel de la sécurité routière, crée en 1982.

Il est vital de réduire ces chiffres

Si les chiffres actuels sont encourageants, on est en droit de se demander comment ils sont établis. Les chiffres devraient refléter la réalité de l’accidentologie en toute transparence.

Or, si l’on étudie les méthodes de collecte des informations et leur interprétation  certains points méritent qu’on s’y arrête . Ils créditent la thèse du mensonge par omission :

 

Les Définitions nous apprennent qu’un

 

Accident corporel de la circulation :

Dans les statistiques des pouvoirs publics il s’agit d’un évènement produisant au moins une victime, survenant sur une voie ouverte à la circulation publique et impliquant au moins un véhicule. Les accidents matériels ne sont pas recensés, seules les assurances alimentent ce type d’accident.

Ainsi, ne sont pas comptés :

L’ accident corporel dans un espace privatif

La chute du piéton ou d’un cycliste sur la voie publique,.

Le blessé qui  ne souhaite pas aller dans un établissement de soins, les policiers ou gendarmes ne considèrent pas alors pas toujours que c’est un accident corporel.

Lorsqu’un accident mortel est attribué à un malaise au volant,

Par ailleurs,il est clair aussi qu’échappent aux chiffres officialisés, tous les accidents qui ne sont pas connus des forces de l’ordre

 

Victimes : on distingue les blessés légers (dont l'état nécessite entre 0 et 6 jours d'hospitalisation ou un soin médical), les blessés graves (plus de 6 jours d'hospitalisation) et les tués (victimes décédées sur le coup ou dans les 6 jours qui suivent l'accident).

Définition du tué : La Convention de Vienne de 1968 définit le tué comme la victime décédée dans les 30 jours qui suivent l'accident.

Depuis 1968, la plupart des pays de l’union européenne ont petit à petit adopté la définition du tué à 30 jours. Actuellement seuls la France ( à 6 jours) et le Portugal ( à 24 h) ne l’ont pas encore appliquée.

Le coefficient de majoration appliqué aux tués à 6 jours est actuellement de 1,057 depuis 1994, il était auparavant de 1,09. soit une diminution de 3,3% . C’est l’effet diminution magique des chiffres des tués.

Ainsi, depuis 1994 , le cœfficient de majoration a diminué de 3,3% et a permis de faire tomber les chiffres sous la barre des 9000 tués à 30 jours.( en 1993 : 9867, en 1994 9019, en 1995 : 8891 tués).On constate bien évidemment une baisse de 848 tués en 1994, sans qu’aucune mesure spécifique de grande portée ne puisse l’expliquer par ailleurs

Les blessés qui décèdent après le 6e jour sont comptés définitivement dans les blessés.

 

Les chiffres se voient contestés car mal compris et suspectée de pouvoir diminuer l’importance et la réalité des bilans de sécurité routière.

 

Si la France se décidait à adopter la définition à 30 jours, le chiffre national réel de morts des années précédentes et actuels serait nettement plus important. Mais dans ce cas au moins, il serait vraiment comparable aux chiffres des pays voisins.

 

Pour mémoire,

En 2000 : 7.643 (sur 6 jours) sont annoncés en France, presque triomphalement, mais sur 30 jours cela fait 8078 et avec le taux d’avant 1994 cela ferait : 8330.

En 2001 on annonce 7720 tués sur 6 jours, ce qui correspond à 8160 sur 30 jours, ou à 8414  si on applique le coefficient précédent

En 2002 on annonce 7242 tués sur 6 jours, ce qui correspond à 7655 sur 30 jours ou à 7894 si on applique le coefficient précédent

En 2003 on annonce 5732 tués sur 6 jours, ce qui correspond à 6059 sur 30 jours ou à 6248 si on applique le coefficient précédent.

Sur 4 ans cela permet une «  économie » de 2550 personnes au moins, non déclarées dans les statistiques sur 6 jours.

NOUVEAUTES :

Le Conseil National de Sécurité Routière, crée en 2001 a étudié la possibilité d’adopter la définition du tué à 30 jours.

 En décembre 2001 et en mars 2004 et il a décidé de garder la définition à 6 jours, tout en affirmant à chaque fois qu’il faudrait aller dans » le sens » de la définition à 30 jours.

Mais visiblement ce paradoxe perdure.

Le Conseil National de sécurité routière propose également qu’on ne distingue plus les blessés graves ou légers (hospitalisation de plus ou moins de 6 jours) mais que la France adopte la définition courante en Europe qui est de définir le blessé comme ayant passer au moins 24 heures dans un hôpital

Mais il faudra suivre les blessés très graves pendant un mois.

 

En effet, jusqu’à présent aucune statistique sérieuse ne mesure les handicaps, les maladies consécutives aux accidents de la route

 

 

En France, depuis mai 2000 on pratique le système des remontées rapides gérées par la police et la gendarmerie qui spécifie qu’un tué est la victime décédée sur les lieux de l’accident, et on n’y distingue pas les blessés graves et légers. Ce système permet un bilan provisoire dès le 10 du mois suivant.

 

 

Pour conclure, je voudrais dire

Il est tout à fait choquant qu’on reste incapable en France de donner des chiffres exacts et transparents dans le domaine de l’accidentologie.

Si les Droits de l’Homme concernent, le respect et la dignité humaine , ils concernent l’individu de la naissance à la mort. La prise en compte actuelle des personnes humaines décédées sur les routes en France enfreint tout simplement cette dignité et le devoir de mémoire que l’on doit à nos concitoyens. L’utilisation d’un coefficient de majoration porte à croire que nous sommes de la marchandise.  

L’accident corporel reste banalisé, et les chiffres, s’ils sont utiles pour une analyse conjoncturelle et de l’évolution, ne permettent pas une approche de la réalité des vies brisées, des familles endeuillées, des traumatismes physiques et psychologiques.

 

A Savoir :

On constate  que :

La Grèce qui a adopté en 1995 la définition à 30 jours a vu ses chiffres augmenter

Le Portugal et la France qui ont baissé le coefficient mutiplicateur ont vu leurs chiffres baisser.

 

Lorsqu’on dit que: 5732 personnes se sont tuées sur les routes, il convient de nuancer et de  préciser que 60% d’entre elles n’ont aucune responsabilité dans l’évènement et n’ont pas été acteurs de l’accident, mais en sont les victimes directes. Ils reste que cependant que toutes sont » victimes de la route ».

 

Le Portugal applique un taux de majoration de 1,14, soit un taux multiplicateur de 11,4% depuis 1998, auparavant c’était 1,3 soit13%.

 

MAIS…enfin !!

Le comité interministériel de sécurité routière a, le 7 juillet 2004, adopté le principe d’une harmonisation des définitions de la gravité retenues dans le fichier national des accidents corporels avec celle adoptées par nos principaux voisins européens. Le 13 octobre dernier, en conseil des ministres, le Président de la République a demandé que cette harmonisation soit effective dès l'année prochaine.

 

Pour mettre en oeuvre cette décision, de nouvelles définitions sont rentrées en application le 01/01/05.

 

Désormais, il conviendra de retenir les définitions suivantes :

 

Parmi les usagers impliqués, seront distingués :

-          les victimes : personnes impliquées décédées ou ayant fait l’objet de soins médicaux ;

-          les indemnes : personnes impliquées non victimes.

 

Parmi les victimes, seront distingués :

-          les personnes tuées à trente jours : victimes décédées sur le coup ou dans les trente jours qui suivent l’accident ;

-          les blessés hospitalisés : victimes admises comme patients dans un hôpital plus de 24 heures ;

-          les blessés non hospitalisés : victimes ayant fait l’objet de soins médicaux mais  n’ayant pas été admis comme patients à l’hôpital plus de 24 heures.

 

 

De ce fait, les remontées rapides ATB (accidents, tués, blessés) seront transformées en ATBH (accidents, tués, blessés dont hospitalisés).

 

L’alourdissement du suivi sur un mois des blessés graves susceptibles de décéder sera compensé par la simplification très nette intervenue dans la définition des blessés hospitalisés. Une expérimentation est d’ailleurs en cours en Basse-Normandie et en Rhône-Alpes pour déterminer comment les établissements de santé peuvent aider les forces de l’ordre à connaître l’état de santé des victimes. Elle pourrait aboutir à la mise en place d’une fiche navette entre les établissements de santé et les forces de l’ordre.

 

Dans l’immédiat, les publications mensuelles de résultats de l’accidentalité qui s’appuient sur les remontées rapides, continueront à présenter des résultats provisoires de personnes tuées à six jours directement comparables aux résultats de l’année 2004. Ce n’est qu’à la fin de l’année 2005 que pourront être publiées en routine des données sur la base de la  nouvelle définition des personnes tuées à un mois.

 

L’ALF est intervenue maintes fois sur cette problématique, la transparence est indispensable dans le combat de l’insécurité routière. Avons-nous été entendus ?

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